Cinna, de Pierre Corneille

14 Fév

Corneille, on le sait maintenant, était un profond analyste de la vie et du pouvoir politiques. Il raconte ici l’échec d’une conjuration – seule forme d’opposition sous la dictature – et le pardon qui la suit. Sous l’intrigue apparente, et historique, il a voulu montrer le drame du pouvoir vieillissant, de l’opposition impuissante, des individus dépassés par des forces qui les écrasent. Cette tragédie n’a donc rien perdu de sa puissance, ni de son actualité.

Voilà un classique qui ne m’a pas charmé du tout. Mais alors, du tout, du tout. En même temps, il en fallait bien un, vous me direz. Je m’excuse déjà pour la rapidité de cette chronique, mais j’étais plus concentrée à terminer ma lecture au plus vite – ne supportant pas d’abandonner un livre – que de véritablement prêter attention au texte. Bon, je dois avouer que le style très poétique de cette pièce, comme de toutes les autres lues jusqu’ici, m’a plu. En même temps, c’est toujours relativement intéressant de voir l’évolution de langage, et de la poésie que celui-ci peut contenir. Mais c’est bien la seule chose qui m’a emballée. Je suis totalement passée à côté de ce classique, mais alors, totalement.

Pour une fois, je n’ai pas accroché à l’intrigue principale. Ici, je suis ressortie de ma lecture désappointée. Je ne l’aurais pas lu que ça aurait été la même chose. Au final, je l’ai lu sans vraiment le lire, et je le reconnais. Si je me souviens bien – aucune garantie, donc – le livre parle d’un conflit entre Emilie et Auguste. D’après ce que j’ai compris, Auguste serait le tuteur d’Emilie, et aurait tué son père, pour je ne sais plus quelle raison. La demoiselle compte bien se venger grâce à l’aide de Maxime, et de Cinna, afin qu’ils assassinent Auguste. Ou quelque chose dans le genre. Pour le coup, je n’en sais plus rien. J’ai tendance à rapidement ranger les déceptions dans un tiroir de ma mémoire où se trouvent les mauvais souvenirs, qui donc s’oublient en général très vite. Bref ! J’ai été déconcertée par un autre point, et celui-ci m’a énormément travaillé pour être franche. Quand se passe l’action ? Je n’ai pu le déterminer. On nous parle de César, de Brutus, ce qui pourrait être un indice, mais en même temps, le personnage d’Auguste s’appelle en réalité Octave-César Auguste. Du coup, de quel César Corneille fait-il référence ? J’ai été totalement perdue. Peut-être étais-je fatiguée à ce moment… Je n’en sais rien. Mais le fait de ne pas pouvoir me situer dans le temps m’a refroidie et bloquée.

Sans compter sur les personnages ! En général, dans n’importe quelle pièce de théâtre, j’en trouve toujours un qui me plait bien. Mais ici, ce fut le contraire. Tous m’ont déplu. Emilie est insupportable, et carrément détestable, ce qui m’a d’ailleurs étonnée car jusqu’ici je n’avais lu que des pièces où les femmes étaient le contraire de ce personne-là. On aurait pu se rabattre sur les personnages de Cinna et de Maxime, mais en fin de compte, ils sont tout aussi insupportable qu’elle car trop naïfs, trop bêtes. Pour comparer la chose avec la situation la plus connue à notre époque, Emilie pourrait leur demander d’aller sauter d’un pont que ces deux nigauds le ferrait avec plaisir, le sourire aux lèvres. Et quant à Auguste, comment l’aimer après ce qu’il a fait à Emilie ? Au final, on aurait tendance à se dire qu’Emilie reste le personnage le plus attachant, car elle veut simplement se venger, mais elle aurait été beaucoup plus attachante si elle l’avait fait elle-même plutôt que de chercher des moutons pour le faire à sa place. Bref, niveau personnage, aucun ne m’a emballé.

J’aimerais encore évoquer un point avant d’achever cette chronique. Cinna est censé, je dis bien censé car à mes yeux ce n’est pas le cas, être une tragédie. Les tragédies annoncent en règle général la couleur, et l’action est toujours au rendez-vous, non ? Et bien ici, je n’ai pas trouvé la moindre action… Je sais que j’ai tendance à reprocher à Shakespeare trop de décès dans les siennes, mais ici, c’est tout le contraire. On s’attends à une fin passionnante et entraînante, vu que le reste de la pièce était relativement mou, mais non, rien ! Et c’est, je pense, ce qui m’a le plus déçue. La fin de cette pièce m’a presque fait penser à celle d’un conte de fée. « Tout est bien qui fini bien. » Oui, mais non. Ce n’est pas le but d’une tragédie, si ? Je veux bien que l’oeuvre soit classée en tant que tel, parce que dès le début on sent que le destin s’abattra sur notre protagoniste et qu’il – enfin elle, en l’occurrence – n’arrivera pas à ses fins, mais quand même… Enfin bref… Petit hors sujet, mais je viens de voir sur notre ami – ou pas – wikipédia, que l’autre nom de la pièce serait « La clémence d’Auguste », et là, je me dit que ça collerait beaucoup mieux que celui-ci. (Oh, et puis, finalement, la chronique n’est pas si petite que ça, dit-donc !)

En somme : Passez votre chemin, c’est loin d’être une des meilleures pièces de Corneille. Suis totalement passée à côté…

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6 Réponses to “Cinna, de Pierre Corneille”

  1. Lady K 14/02/2012 à 21:58 #

    Et bah, tu n’y vas pas avec le dos de la cuillère 😛
    Bon déjà que le classique c’est pas franchement mon truc, les tragédies encore moins – même si la apparemment il n’y a rien de tragique xD

    En tous cas, c’est toujours dommage de « perdre son temps » avec des livres comme ça, mais bon … comme toi j’aime pas abandonner les livres. Je me dis toujours que ça peut peut-être s’arranger par la suite … donc je continue ^^

    • askmetoread 14/02/2012 à 22:20 #

      J’ai remarqué qu’après coup que je m’étais un peu lâchée sur cette chronique xD M’enfin, j’ai dis ce que je pensais hein x)
      Non mais oui, c’est ça en fait, il n’y a rien de tragique là-dedans Oo Si encore il y avait eu quelque chose, ça aurait pu ‘sauver le livre’ j’ai envie de dire, mais non xD

      Arf, c’est pas vraiment de la perte de temps au fond, parce qu’au moins je l’aurais lu, et puis c’est super court, alors c’est bouclé en peu de temps x) Haha, encore un point commun (a) J’aime ça ! Je me dis la même chose – et je me la suis surtout dite ici, et j’ai espéré comme pas possible que ce soit le cas, mais non, niet, niente, nada 😦

      • Lady K 14/02/2012 à 22:24 #

        T’es sacrément dur toi, à espérer la mort de quelqu’un pour ton divertissement (oui, dis comme cela ça fait super sadique hein ? xD)

        Mais je t’ai dis, nous sommes complémentaires et super compatibles (en tout amitié évidemment :D) ou alors je te l’avais peut-être pas dit … mais maintenant tu le sais xD

        Courage, le prochain sera peut-être meilleur 🙂

        • askmetoread 15/02/2012 à 11:52 #

          Dis comme ça, ouais ça fait bizarre. Mais vue le contexte de la tragédie, ça passe mieux non ? (a)

          Effectivement, on se complète bien (a) Bien sûr, en toute amitié voyons ! Non mais t’as de ces idées par moment *sort*

          J’espère bien, oui ! Sinon ce serait trop bête quand même.

          (Oui, c’était bel et bien un commentaire inutile xD)

  2. Luna 16/02/2012 à 14:24 #

    J’adore cet auteur mais je n’ai jamais lu cette pièce !
    Cela, malgré ton avis négatif, j’ai quand même bien envie de la découvrir 🙂

    • askmetoread 16/02/2012 à 18:01 #

      Tu as bien raison, parfois c’est quand même dommage de s’arrêter sur un avis négatif et de ne pas tenter soi-même l’expérience afin de s’en faire sa propre idée ^^ Puis, au moins, ça augmentera ta culture générale 🙂

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