Pour vous de Dominique Mainard

17 Jan

Encore adolescente, Delphine a compris que les êtres humains ont besoin de réconfort, de mensonges même pour que leur vie soit supportable. Elle a trente-cinq ans et dirige une agence qu’elle a créée, Pour Vous, destinée à panser les plaies des hommes et des femmes suffisamment riches pour y avoir recours. Mais comment jouer tous les rôles, adopter toutes les identités sans se perdre?
De nombreux personnages traversent le roman : une vieille femme, lectrice de livres à l’eau de rose, un adolescent autiste enfermé dans les jeux virtuels, un homosexuel malade dont Delphine accompagnera les derniers mois et, enfin, l’amant de celui-ci, qui éveillera en elle des sentiments inconnus.
Dominique Mainard nous conte le parcours d’une femme qui s’ouvre à la compassion et à la vie.

Ce livre est un livre que j’ai emprunté à ma marraine, qui est en quelques sorte ma bibliothèque à moi, et ou j’adore chercher de nouveaux titres. Je dois être honnête et préciser que la magnifique couverture m’a aussi beaucoup tentée. Ajoutée au résumé, on retrouve déjà une synchronisation entre les deux – ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi cette couverture et pas une autre, et quel pouvait bien être le rapport entre les deux ? Bref ! Le résumé nous promet de belles choses. Un concept innovant, avec cette agence rendant services, et ce, n’importe lesquels, et créant ainsi de belles illusions. C’est d’ailleurs un point que j’ai beaucoup apprécié, cette innovation côté concept. Sur ce point-là, rien à redire. Ensuite, la plume de Dominique Mainard est vraiment agréable, et certaines tournures sont, je trouve, très envoûtantes, très belles. Ce fut un plaisir de découvrir cette auteure et son style. Mais le gros plus du livre, c’est le message qu’il y a derrière cette histoire. C’est cette histoire de besoin d’illusions, de mensonges. En fin de compte, on préfère tous être rassurés et avoir ce que l’on souhaite.

Venons-en aux personnages du roman. Delphine, le personnage principal est antipathique, et presque atteinte de psychopathie au sens littéral du terme, c’est-à-dire qu’on se demande plus d’une fois si elle est véritablement capable d’éprouver un sentiment quelconque, ou si quelque chose peut l’attendrir. Je ne vais pas vous dévoiler le genre de choses qu’elle est prête à faire pour son entreprise, et ses clients, et puis je suis sûre que vous ne me croirez même pas, mais c’est quelque chose…. Vous l’aurez compris, ce personnage est détestable à souhait. Est-ce que cela s’arrange au fil des pages ? Je crois bien que oui, mais personnellement, j’ai été insensible à la chose. C’est-à-dire qu’au point où elle en était, elle aurait pu faire toutes les bonnes actions possibles et inimaginables, elle n’aurait pas le moins du monde augmenté dans mon estime. Lorsqu’il lui arrive une crasse, je n’ai pu m’empêcher de dire – et je vous assure qu’en pleine lecture, j’ai vraiment ouvert la bouche et dit cela – « Mouhaha, bien fait pour toi ». Non, sans rire, ce personnage ne m’a pas touché le moins du monde, au contraire… J’ai été du coup, insensible à son pseudo changement, même si bon, à mes yeux, elle était à un point de non-retour. Je reprocherais peut-être d’ailleurs le choix d’un tel personnage principal. C’est, à mes yeux, moyennement réaliste, mais ce n’est bien sûr que mon avis. Donc du coup, pour le parcours de la femme qui s’ouvre à la compassion, je repasserais.

Mais, si le personnage principal est détestable à souhait, je me suis tout de même attachée à tous les autres personnages secondaires, presque sans exception. Il y a d’abord cette vieille femme, qui lui a donné l’idée de l’agence, lorsqu’elle était jeune, mais qui nous attendrit. Puis, cet adolescent autiste, qui ne laissera personne indifférent. Et ce couple homosexuel, et dont Delphine se retrouvera en plein milieu, d’une certaine façon. Chacun d’eux à jouer une grande part dans la vie de Delphine, et les histoires de chacun sont extrêmement touchante. La seule qui n’a pas l’air de s’émouvoir face à certains gestes, certaines paroles, c’est bien sûr Delphine. Et puis, il y a Marja, son employée, cette femme qui a l’air d’avoir un grand coeur. La seule question qui me venait en tête à chaque fois qu’elle apparaissait était : Mais pourquoi diable travaille-t-elle donc avec Delphine ? Enfin bref ! Tout ça pour dire que si le personnage principal n’a pas satisfait mes attentes, j’ai heureusement pu me rabattre sur les autres protagonistes de l’histoire.

Malgré tout les pseudo points négatifs que j’ai pu évoquer ci-dessus, je tenais à préciser que j’ai beaucoup aimé cette lecture. Le but n’était effectivement pas d’aimer Delphine, mais de montrer comment on peut se laisser avoir par les doubles-jeu, par le succès – parce que c’est ce qu’elle recherche avec son agence, mine de rien – et par cette envie de ne voir que le bon côté des choses, et de s’illusionner soi-même, et surtout d’être tombée aussi bas. Je ne suis pas sûre d’être très claire dans mes propos, mais ce n’est pas simple de mettre des mots sur une sensation telle que celle que m’a donné ce roman. Je m’excuse donc pour cette chronique qui part un peu dans tous les sens et qui a surtout l’air très contradictoire…

En somme : À lire, rien que pour l’abîme dans laquelle est tombée ce personnage antipathique, et pour ce qui s’y cache derrière.

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4 Réponses to “Pour vous de Dominique Mainard”

  1. Enigma 17/01/2012 à 21:51 #

    ça à l’air bien! =)

    • askmetoread 17/01/2012 à 21:53 #

      Plutôt pas mal, en effet. Bien sûr, faut prendre sur soi pour pas refermer le livre et l’envoyer valser ailleurs tellement le personnage est énervant, mais ça reste un livre sympathique 🙂

  2. Lady K 17/01/2012 à 22:35 #

    Tentant, mais je ne sais pas si le livre survivrait entre mes mains si le personnage principal est aussi antipathique ! :X Hmmm … enfin, si quand même, je ne suis pas une sauvage, mais quand même j’aime pas m’énerver en lisant ! 😛

    • askmetoread 17/01/2012 à 23:24 #

      Je te comprends ! Je rêvais presque de l’avoir en face de moi, la nuit, et de lui coller la plus belle gifle du siècle. Cela dit, la lecture passait quand même bien grâce à tous les autres personnages, sans eux, je crois que je l’aurais vraiment envoyé valser, malgré le concept ^^

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